La digestion est un processus fascinant et complexe. Chaque bouchée que nous avalons entame un long périple, de la bouche jusqu’au côlon, avant de finir… en selles. Comprendre ce mécanisme permet non seulement de mieux prendre soin de sa santé digestive, mais aussi de prévenir de nombreux troubles courants (reflux, ballonnements, constipation, diarrhée).
Dans cet article, nous allons suivre le trajet d’un repas et explorer les rôles de l’estomac, des enzymes, de la bile, du microbiote et même de vos selles comme miroir de votre santé.
1. La première étape : la bouche et la salive
La digestion commence dès que vous mâchez vos aliments.
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La mastication fragmente mécaniquement les morceaux.
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La salive contient des enzymes (comme l’amylase) qui amorcent la dégradation des glucides.
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Les papilles gustatives envoient déjà des signaux au reste du système digestif : estomac, pancréas, foie et intestins se préparent à recevoir le repas.
2. L’estomac : l’acide comme clé de digestion
En descendant l’œsophage, les aliments atteignent l’estomac. Ici, un élément est crucial : l’acidité gastrique.
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Le pH de l’estomac devrait se situer entre 1 et 3 (très acide, comparable à l’acidité d’une batterie).
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Cet acide permet de décomposer les protéines, d’activer les enzymes digestives et de tuer une grande partie des bactéries indésirables.
Et si l’acide est insuffisant ?
Avec l’âge ou certaines habitudes (antiacides, IPP, alimentation trop transformée), la sécrétion d’acide diminue. Résultat :
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Digestion lente et lourde.
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Reflux et brûlures gastriques (paradoxalement aggravés par un manque d’acide).
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Moindre absorption des minéraux (calcium, magnésium, fer, zinc).
Notre astuce naturelle : certains praticiens conseillent le vinaigre de cidre dilué ou la bétaïne HCL (sous avis médical) pour stimuler l’acidité gastrique.
3. Le petit intestin : 90 % de la digestion
Lorsque le bol alimentaire quitte l’estomac, il est très acide.
Pour éviter d’abîmer l’intestin grêle, le pancréas libère du bicarbonate qui neutralise cet excès d’acidité.
C’est aussi là que se déroule l’essentiel de la digestion :
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Pancréas → sécrète des enzymes spécifiques (protéases, lipases, amylases).
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Foie et vésicule biliaire → libèrent la bile, indispensable pour émulsionner les graisses.
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Intestin grêle → absorbe nutriments, vitamines et minéraux.
Un déséquilibre à cette étape peut entraîner : malabsorption, ballonnements, douleurs abdominales, voire SIBO (prolifération bactérienne dans l’intestin grêle).
4. La bile : un détergent naturel contre les graisses et les bactéries
La bile est produite par le foie, stockée et concentrée dans la vésicule biliaire.
Ses rôles :
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Émulsionner les graisses pour faciliter leur digestion.
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Transporter le cholestérol.
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Jouer un rôle antibactérien dans l’intestin grêle.
Une bile insuffisante ou de mauvaise qualité favorise :
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Bloating (ballonnements).
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Difficultés digestives après un repas gras.
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Calculs biliaires.
Le TUDCA (acide tauroursodésoxycholique) est un complément étudié pour soutenir le flux biliaire et protéger le foie.
5. Le gros intestin : la fermentation bactérienne
Le côlon abrite des trillions de bactéries : le microbiote intestinal.
Leur rôle est fondamental. Elles permettent de :
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Fermenter les fibres alimentaires.
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Produire des acides gras à chaîne courte (AGCC) qui nourrissent les cellules du côlon.
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Synthétiser certaines vitamines (K, B12, biotine).
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Participer à l’immunité (70–80 % des cellules immunitaires y résident).
Un microbiote déséquilibré entraîne des problèmes tels que de la fatigue, des troubles de l’humeur, de l’inflammation chronique et même des maladies métaboliques.
6. Les selles : un reflet de votre santé
Les selles sont composées à 75 % d’eau et à 25 % de matières solides (fibres, bactéries, pigments biliaires).
Leur couleur et leur consistance donnent des indices :
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Brun normal : présence de stercobiline (pigment biliaire).
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Très clair : possible problème de bile.
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Noir ou sanglant : peut indiquer une hémorragie digestive (urgence médicale).
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Trop mou ou trop dur : déséquilibre du transit ou du microbiote.
7. Les ennemis de votre digestion moderne
Plusieurs facteurs perturbent ce processus naturel :
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Aliments ultra-transformés : sucre raffiné, huiles de graines, additifs.
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Gluten et certains grains → favorisent la perméabilité intestinale (leaky gut).
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Antibiotiques → détruisent les bonnes bactéries (et leur recolonisation est incomplète).
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Glyphosate (herbicide utilisé dans l’agriculture conventionnelle) → agit comme un antibiotique dans l’intestin, détruisant le microbiote.
Comment améliorer naturellement sa digestion ?
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Manger moins mais mieux : réduire la taille des repas pour faciliter le travail digestif.
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Privilégier les aliments bio et non transformés.
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Intégrer des aliments fermentés : kéfir, kombucha, kimchi, choucroute, fromages au lait cru.
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Tester le jeûne intermittent pour donner du repos au système digestif.
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Limiter les smoothies trop riches en fibres crues (kale, banane, ananas), souvent mal tolérés en cas d’intestin sensible.
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Réduire les expositions aux pesticides et herbicides.
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90 % des maladies chroniques commencent dans l’assiette
La digestion est un processus d’une complexité incroyable, qui implique l’acidité gastrique, les enzymes, la bile et des trillions de microbes.
Prendre soin de chaque étape, de la mastication jusqu’au microbiote, est essentiel pour préserver sa santé globale.
La prochaine fois que vous regarderez vos selles, rappelez-vous : elles sont le reflet fidèle de votre système digestif.

