candidose intestinale candidose digestive

Le guide complet sur la candidose intestinale

Sommaire

Fatigue inexpliquée, ballonnements persistants, envies irrésistibles de sucre, infections à répétition, brouillard mental, irritabilité — ces symptômes disparates ont souvent un point commun que ni le médecin généraliste ni les examens standards ne détectent : une prolifération excessive de Candida albicans dans l’intestin, appelée candidose intestinale.

La candidose intestinale est l’une des dysbioses les plus fréquentes et les plus mal diagnostiquées. Elle touche des millions de personnes en France sans qu’elles le sachent, souvent confondue avec le syndrome de l’intestin irritable, une simple fatigue chronique ou un « terrain nerveux ». Et pourtant, ses mécanismes sont bien documentés scientifiquement — et ses solutions, concrètes.

Cet article vous donne tout ce que vous devez savoir : ce qu’est réellement la candidose intestinale, comment la reconnaître, comment la diagnostiquer de façon fiable, et comment la traiter durablement avec un protocole structuré.

Qu’est-ce que la candidose intestinale ?

Candida albicans est une levure naturellement présente dans le microbiote de la quasi-totalité des êtres humains. Dans un intestin sain et équilibré, sa population est maintenue sous contrôle par les bactéries bénéfiques de la flore intestinale, par le système immunitaire et par l’acidité gastrique. Elle est inoffensive en petite quantité.

La candidose intestinale survient lorsque cet équilibre est rompu : Candida albicans se multiplie de façon excessive et passe de sa forme levure (arrondie, non invasive) à sa forme mycélienne filamenteuse, il développe des filaments appelés hyphes qui s’ancrent physiquement dans la muqueuse intestinale. Ces hyphes perforent littéralement la paroi intestinale, créant une hyperperméabilité intestinale (ou « leaky gut ») qui permet à des toxines, des fragments bactériens et des particules alimentaires non digérées de passer dans la circulation sanguine.

C’est ce passage systémique qui explique pourquoi la candidose intestinale génère des symptômes bien au-delà du tube digestif : fatigue, troubles cognitifs, manifestations cutanées, déséquilibres hormonaux.

Il existe plusieurs espèces de Candida, mais Candida albicans est responsable d’environ 50 à 60% des candidoses en France selon les données de l’Institut Pasteur. Viennent ensuite Candida glabrata, Candida krusei et Candida tropicalis, dont certaines espèces sont naturellement résistantes aux antifongiques courants.

Les 7 causes et facteurs favorisants la candidose intestinale

La candidose intestinale ne s’installe pas par hasard. Elle est toujours la conséquence d’un ou plusieurs facteurs qui ont affaibli les mécanismes de contrôle de la levure.

1. Les antibiotiques, la cause la plus fréquente

Les antibiotiques à large spectre détruisent les bactéries pathogènes ciblées — mais aussi les bactéries bénéfiques de la flore intestinale qui maintiennent Candida sous contrôle. Sans cette concurrence bactérienne, la levure prolifère librement dans l’intestin laissé vacant. Un seul cycle d’antibiotiques suffit à déclencher une candidose intestinale chez les personnes prédisposées. Les traitements antibiotiques répétés ou prolongés (acné, infections urinaires à répétition, prophylaxies) sont particulièrement délétères.

2. Une alimentation riche en sucres et glucides raffinés

Candida albicans se nourrit principalement de sucres simples — glucose, fructose, maltose. Une alimentation riche en sucres raffinés, farines blanches, alcool et produits ultra-transformés fournit à la levure un substrat abondant pour se multiplier. C’est pourquoi les envies compulsives de sucre sont à la fois un symptôme et un facteur aggravant de la candidose — le champignon « réclame » sa nourriture en influençant les signaux de faim via l’axe intestin-cerveau.

3. La prise de corticoïdes et d’immunosuppresseurs

Les corticoïdes (cortisone, prednisone, corticoïdes inhalés pour l’asthme) et les immunosuppresseurs réduisent la réponse immunitaire qui maintient normalement Candida en check. Les patients sous corticothérapie prolongée sont particulièrement vulnérables — notamment les asthmatiques qui utilisent des inhalateurs contenant des corticoïdes sans se rincer la bouche après chaque inhalation.

4. Le stress chronique

Le cortisol, l’hormone du stress, inhibe directement la réponse immunitaire intestinale. Un stress chronique maintient des niveaux élevés de cortisol qui affaiblissent progressivement les défenses anti-fongiques de la muqueuse. De plus, le stress altère la motilité intestinale et l’acidité gastrique — deux barrières importantes contre la prolifération fongique.

5. Une alimentation pauvre en fibres et en probiotiques

Les fibres fermentescibles nourrissent les bactéries bénéfiques de la flore intestinale — particulièrement les Lactobacillus et Bifidobacterium qui produisent des acides gras à chaîne courte et maintiennent un pH intestinal défavorable à Candida. Un régime pauvre en fibres et en aliments fermentés (yaourts, kéfir, légumes lacto-fermentés) appauvrit progressivement cette flore protectrice.

6. La grossesse et les variations hormonales

Les œstrogènes favorisent directement la croissance de Candida albicans — le champignon possède sur sa membrane des récepteurs à la progestérone et à la testostérone, dont il est particulièrement friand. C’est pourquoi les femmes enceintes, celles sous contraception œstroprogestative, et celles en période de transition hormonale (ménopause) sont plus vulnérables aux candidoses.

7. L’immunodépression

Le VIH, les chimiothérapies, les greffes d’organes et toute condition d’immunodépression sévère favorisent les candidoses — pouvant aller jusqu’à la candidose systémique invasive, qui engage le pronostic vital avec une mortalité voisine de 40% dans les formes sévères.

Quels sont les symptômes de la candidose intestinale ?

La candidose intestinale est réputée pour la diversité et l’apparente incohérence de ses symptômes, ce qui rend le diagnostic clinique difficile. On distingue les symptômes digestifs directs et les manifestations systémiques liées à la perméabilité intestinale.

Les 6 principaux symptômes digestifs

  1. Des ballonnements et gaz après les repas : particulièrement après la consommation de sucres, de fruits, d’alcool ou de pain. La fermentation fongique produit des gaz de façon caractéristique.
  2. Une alternance diarrhée / constipation : le champignon altère la motilité intestinale dans les deux sens selon sa localisation.
  3. Des douleurs abdominales diffuses : crampes, sensations de gonflement, inconfort post-prandial.
  4. Une digestion lente et de la lourdeur après les repas
  5. Des envies compulsives et irrésistibles de sucre et de glucides : signal très caractéristique, souvent décrit comme une « faim de sucre » incontrôlable.
  6. Un muguet buccal récurrent : plaques blanches sur la langue et l’intérieur des joues, signe d’une candidose remontant vers la bouche.

Les 8 principaux symptômes extra-digestifs (liés à la perméabilité intestinale)

  1. Une fatigue chronique et inexpliquée : même après une nuit de sommeil suffisante. C’est l’un des symptômes les plus constants et les plus invalidants.
  2. Un brouillard mental — difficultés de concentration, mémoire à court terme défaillante, ralentissement cognitif. Candida produit de l’acétaldéhyde — un métabolite toxique qui franchit la barrière hémato-encéphalique et perturbe directement les fonctions neurologiques. Pour en savoir plus sur ce mécanisme, consultez notre article sur le brouillard mental et le SIBO.
  3. De l’irritabilité, de l’anxiété et des variations d’humeur : via la perturbation de l’axe intestin-cerveau et la réduction de la production de sérotonine.
  4. Des infections fongiques récurrentes : mycoses vaginales à répétition, mycoses cutanées (intertrigo), onyxis (infections fongiques des ongles).
  5. Des manifestations cutanées : eczéma, urticaire, psoriasis parfois aggravés ou déclenchés par la candidose via les mécanismes inflammatoires systémiques.
  6. Des douleurs articulaires diffuses : inflammation systémique secondaire à la perméabilité intestinale.
  7. Des intoléances alimentaires multiples nouvelles : l’hyperperméabilité intestinale laisse passer des protéines alimentaires non digérées dans le sang, déclenchant des réponses immunitaires contre ces aliments.
  8. Des déséquilibres hormonaux : Candida albicans possède sur sa membrane externe des récepteurs hormonaux lui permettant de « capter » la progestérone et la testostérone, pouvant contribuer à une hyperœstrogénie relative chez la femme.

Tableau des symptômes de la candidose digestive selon leur fréquence

Symptôme Fréquence estimée Type
Fatigue chronique Très fréquent Systémique
Ballonnements post-prandiaux Très fréquent Digestif
Envies compulsives de sucre Très fréquent Métabolique
Brouillard mental Fréquent Neurologique
Mycoses vaginales récurrentes Fréquent (femmes) Fongique
Transit perturbé Fréquent Digestif
Manifestations cutanées Modéré Systémique
Douleurs articulaires Modéré Systémique

Candidose intestinale et SIBO : des pathologies souvent confondues et associées

C’est le point le plus important à comprendre et le plus souvent ignoré des articles généralistes sur la candidose : la candidose intestinale et le SIBO coexistent chez environ 25% des patients atteints de SIBO selon certaines études cliniques. On parle alors de SIFO pour désigner spécifiquement la prolifération fongique dans l’intestin grêle.

Les deux pathologies partagent de nombreux symptômes (ballonnements, fatigue, brouillard mental, transit perturbé) ce qui rend leur distinction clinique difficile. Mais leur traitement est radicalement différent : les antimicrobiens bactériens (rifaximine, berbérine) n’ont aucun effet sur Candida, et les antifongiques n’éliminent pas la prolifération bactérienne. Traiter l’un sans l’autre conduit à une amélioration partielle et à des rechutes inexpliquées.

Les facteurs de risque communs aux deux pathologies sont nombreux : l’hypochlorhydrie (manque d’acidité gastrique), la prise d’IPP, les antibiotiques, le stress chronique et la dysfonction du complexe moteur migrant. Une personne avec un SIBO récidivant malgré des traitements corrects doit systématiquement évoquer la possibilité d’un SIFO associé.

Pour comprendre les mécanismes du SIBO et son lien avec la candidose, consultez notre guide complet sur le SIBO.

Comment diagnostiquer la candidose intestinale de façon fiable ?

C’est l’une des questions les plus complexes de cette pathologie. Le diagnostic de candidose intestinale est difficile parce que Candida albicans est normalement présent dans l’intestin, sa seule détection ne prouve pas une prolifération pathologique. Ce qui compte, c’est la quantité et le contexte clinique.

Les examens disponibles et leur fiabilité réelle

La coproculture (analyse des selles)

C’est l’examen le plus courant prescrit en France. Il consiste à faire pousser les micro-organismes des selles sur un milieu de culture. Ses limites sont importantes : Candida fait physiologiquement partie de la flore colique — un résultat positif n’est donc pas automatiquement pathologique. L’interprétation doit tenir compte de la quantité (charge fongique) et des symptômes associés. Un résultat négatif n’exclut pas non plus une candidose de l’intestin grêle proximal.

La sérologie anti-Candida (test sanguin)

Le dosage des anticorps anti-Candida dans le sang (IgG, IgA, IgM) peut orienter vers une prolifération chronique si les titres sont élevés. Cependant ce test montre régulièrement des faux positifs et son interprétation reste délicate — une sérologie positive seule ne suffit pas à poser un diagnostic.

Le dosage des métabolites urinaires

Le dosage de l’arabinose urinaire (métabolite spécifique du Candida) et d’autres marqueurs organiques urinaires (acide tartrique, acide citramalique) est considéré par certains spécialistes en médecine fonctionnelle comme l’approche la plus spécifique pour détecter une prolifération fongique intestinale. Il reste peu répandu en France et n’est pas remboursé.

Le test respiratoire

Le test respiratoire standard H₂/CH₄ — celui utilisé pour le SIBO — ne détecte pas directement Candida (qui ne produit pas d’hydrogène ni de méthane). En revanche, un test respiratoire négatif chez un patient avec des symptômes typiques de SIBO/SIFO oriente vers la possibilité d’une candidose intestinale isolée ou associée.

L’endoscopie avec biopsie

C’est la méthode de référence pour les candidoses œsophagiennes ou gastro-intestinales hautes documentées — elle permet d’observer directement les lésions et d’identifier les espèces par culture. Elle n’est pas réalisée en routine pour la candidose intestinale basse.

L’approche diagnostique la plus pertinente en pratique

En l’absence d’un test parfait, la majorité des praticiens spécialisés en santé intestinale fonctionnelle utilisent une approche combinée : faisceau de symptômes caractéristiques + contexte clinique + marqueurs biologiques orienteurs + réponse au traitement d’épreuve. Un patient avec des envies compulsives de sucre, des mycoses récurrentes, un contexte de prise d’antibiotiques ou de corticoïdes, et des symptômes digestifs post-prandiaux a un profil très évocateur — même si aucun examen n’est formellement positif.

Le protocole de traitement de la candidose intestinale

Le traitement efficace de la candidose intestinale repose sur quatre piliers simultanés. Traiter uniquement avec des antifongiques sans modifier l’alimentation et restaurer le microbiote est voué à l’échec — le champignon revient dès l’arrêt du traitement si son terrain nourricier n’a pas été modifié.

Pilier 1 : L’alimentation anti-candida : affamer le champignon

C’est la base incontournable. Candida albicans se nourrit de sucres — supprimer son substrat est la première étape pour réduire sa prolifération.

Liste des aliments à éliminer pendant la phase de traitement de la candidose (4 à 8 semaines) :

  • Sucres raffinés sous toutes leurs formes : sucre blanc, sucre de canne, sirop d’agave, miel en excès, sirops
  • Farines blanches et produits à base de farine raffinée : pain blanc, pâtisseries, biscuits
  • Alcool — en particulier la bière et le vin qui contiennent des levures et des sucres fermentescibles
  • Fruits sucrés en excès et jus de fruits — notamment les fruits très sucrés (raisins, figues, mangue, banane)
  • Fromages à moisissures (roquefort, camembert à croûte fleurie)
  • Champignons comestibles — même mécanisme de compétition fongique
  • Édulcorants artificiels — ils perturbent la flore intestinale

Liste des aliments à privilégier :

  • Légumes verts non féculents (brocoli, courgette, épinards, roquette, artichaut)
  • Protéines animales de qualité (poisson, œufs, viandes non transformées)
  • Graisses saines (huile d’olive, avocat, noix de coco — l’acide caprylique de l’huile de coco a une activité antifongique directe documentée)
  • Ail frais — contient de l’allicine, antifongique naturel puissant
  • Légumineuses avec modération
  • Céréales complètes non raffinées avec modération

Pilier 2 : Les antifongiques pour éliminer la prolifération

Quels sont les traitements médicamenteux de la candidose ?

Les antifongiques médicamenteux de référence pour la candidose intestinale sont le fluconazole (Triflucan) et le itraconazole, prescrits par voie orale. La nystatine est particulièrement intéressante car elle agit localement dans le tube digestif sans être absorbée dans le sang, ce qui minimise les effets secondaires systémiques.

Ces traitements nécessitent une ordonnance médicale et un suivi. La durée varie généralement de 2 à 4 semaines selon la sévérité. Une résistance peut apparaître en cas de traitements répétés sans modification du terrain, c’est pourquoi les antifongiques seuls sans changement alimentaire sont insuffisants.

Quels sont les antifongiques naturels documentés ?

L’huile d’origan (standardisée à 70% de carvacrol minimum) possède une activité antifongique puissante contre Candida albicans documentée dans plusieurs études in vitro et cliniques. C’est l’antifongique naturel le mieux évalué scientifiquement. Dose habituelle : 200 mg × 2/jour avec les repas, pendant 4 à 6 semaines.

L’acide caprylique — acide gras à chaîne moyenne extrait de l’huile de noix de coco — déstabilise la membrane cellulaire de Candida et inhibe sa prolifération. Il est particulièrement efficace en association avec d’autres antifongiques naturels.

L’ail et l’allicine — l’allicine, le principal composé actif de l’ail frais, a une activité antifongique bien documentée. Des extraits d’allicine stabilisée (Allimax) permettent d’obtenir des concentrations thérapeutiques reproductibles.

L’extrait de feuille d’olivier (oleuropéine) — activité antimicrobienne et antifongique à large spectre, utilisée en association dans les protocoles naturels.

La berbérine — alcaloïde d’origine végétale avec une activité antifongique et antimicrobienne documentée. Particulièrement pertinente en cas de SIBO et candidose associés car elle cible les deux pathologies simultanément.

Pilier 3 : La gestion du biofilm, l’étape souvent oubliée

Candida albicans possède une capacité remarquable à former des biofilms, qui sont des colonies protégées par une matrice extracellulaire de polysaccharides qui les rend imperméables aux antifongiques et au système immunitaire. Des études ont montré que les antifongiques courants (nystatine, fluconazole) peuvent perdre pratiquement toute efficacité après 72 heures en présence d’un biofilm établi.

La destruction du biofilm avant ou pendant le traitement antifongique est donc une étape clé pour les candidoses chroniques ou récidivantes. Les agents anti-biofilm les mieux documentés sont :

  • Le N-acétylcystéine (NAC) : 600 mg × 2/jour, 2 à 4 semaines avant ou pendant le traitement antifongique. Dégrade la matrice du biofilm et restaure la sensibilité aux antifongiques.
  • Les enzymes protéolytiques (serrapeptase, nattokinase) : dégradent les protéines de la matrice du biofilm
  • La lactoferrine : protéine naturelle du lait qui inhibe la formation du biofilm en chélatant le fer dont Candida a besoin

Pilier 4 : La restauration du microbiote pour prévenir la rechute

L’étape finale et la plus importante pour éviter les rechutes est de restaurer une flore bactérienne protectrice qui empêchera Candida de proliférer à nouveau.

Saccharomyces boulardii : la souche la plus importante dans ce contexte. C’est une levure elle-même mais une levure bénéfique qui entre en compétition directe avec Candida albicans pour les mêmes nutriments et les mêmes sites d’adhésion. Elle produit également des protéines qui inhibent directement la virulence de Candida. Dose recommandée : 5 à 10 milliards d’UFC/jour pendant 4 à 8 semaines après le traitement antifongique.

Lactobacillus rhamnosus GG et Lactobacillus acidophilus : ces souches acidifient l’environnement intestinal et produisent des substances (bactériocines, acides organiques) qui inhibent la croissance de Candida.

Attention : certains Lactobacillus producteurs d’acide D-lactique (L. fermentus, L. delbrueckii) peuvent aggraver les symptômes cognitifs chez les patients avec candidose active, un point que nous développons dans notre article sur le brouillard mental et le SIBO.

Les prébiotiques (fibres fermentescibles FOS, inuline, GOS) nourrissent sélectivement les bactéries bénéfiques. Ils sont cependant à introduire progressivement, une introduction trop rapide peut temporairement aggraver les ballonnements.

La L-glutamine : acide aminé indispensable à la réparation des jonctions serrées de la muqueuse intestinale. Elle referme les « trous » créés par les hyphes de Candida et réduit l’hyperperméabilité intestinale.
Dose : 5 g dans un verre d’eau à jeun le matin, pendant 2 à 3 mois.

La réaction de Herxheimer : comprendre l’aggravation initiale

Dans les premiers jours du traitement antifongique, de nombreux patients constatent une aggravation temporaire des symptômes : fatigue accrue, maux de tête, irritabilité, douleurs articulaires, symptômes grippaux. C’est la réaction de Herxheimer (ou « die-off ») liée à la lyse massive des cellules de Candida qui libèrent en mourant leurs toxines (notamment l’acétaldéhyde) dans la circulation.

Cette réaction est un signe que le traitement fonctionne. Elle est transitoire, 3 à 7 jours en général, et peut être atténuée en buvant abondamment (eau + citron), en réduisant temporairement la dose d’antifongique, et en soutenant le foie (chardon-Marie, artichaut).

Comment prévenir les rechutes de candidose intestinale ?

La candidose intestinale est une pathologie récidivante si le terrain n’est pas durablement modifié. Voici 5 mesures de prévention à maintenir sur le long terme :

  1. Maintenir une alimentation pauvre en sucres raffinés en permanence : pas besoin d’être aussi restrictif qu’en phase de traitement, mais les sucres ajoutés et les farines blanches en excès restent des facteurs de rechute
  2. Après tout traitement antibiotique : prendre systématiquement du Saccharomyces boulardii pendant et 4 semaines après le traitement
  3. Gérer le stress chronique : cohérence cardiaque, activité physique régulière, sommeil suffisant
  4. Identifier et traiter les causes sous-jacentes : hypochlorhydrie, IPP non justifiés, dysfonction du système immunitaire
  5. Consommer régulièrement des aliments fermentés : kéfir, choucroute crue, kimchi, yaourt nature pour maintenir une flore diversifiée

FAQ sur la candidose intestinale

Comment savoir si j’ai une candidose intestinale ou un SIBO ?

Les deux pathologies se ressemblent beaucoup et peuvent coexister. Les signes qui orientent plutôt vers une candidose sont les envies compulsives de sucre, les mycoses récurrentes (vaginales, cutanées, buccales), et les manifestations cutanées. Les signes qui orientent davantage vers le SIBO sont les ballonnements très précoces après les repas (30 à 90 minutes), les gaz à odeur caractéristique et la relation directe avec certains aliments fermentescibles. Un test respiratoire au lactulose peut confirmer ou exclure le SIBO mais ne détecte pas la candidose. La coproculture ou les métabolites urinaires orientent vers la candidose. En cas de doute, consultez un médecin spécialisé en santé intestinale fonctionnelle.

La candidose intestinale est-elle reconnue par la médecine conventionnelle ?

Partiellement. La candidose intestinale dans ses formes sévères (candidose systémique, candidémie) est parfaitement reconnue et traitée en milieu hospitalier. En revanche, la candidose intestinale fonctionnelle, prolifération modérée chez un patient immunocompétent, est un sujet de débat dans la médecine conventionnelle française. De nombreux médecins généralistes la considèrent comme sous-diagnostiquée ; d’autres la contestent. Les données scientifiques sur la prolifération fongique intestinale modérée sont réelles mais la standardisation diagnostique fait encore défaut. Ce n’est pas parce qu’un examen classique est négatif que la prolifération n’existe pas : l’interprétation doit toujours se faire dans un contexte clinique global.

Combien de temps dure le traitement de la candidose intestinale ?

Un protocole complet dure généralement de 3 à 6 mois pour une rémission durable. La phase antifongique active (médicaments ou naturels) dure 4 à 8 semaines. La phase de restauration du microbiote avec probiotiques et L-glutamine dure 2 à 3 mois supplémentaires. Le régime alimentaire restrictif peut être assoupli progressivement à partir du deuxième mois. 

Les formes chroniques installées depuis plusieurs années nécessitent souvent 6 à 12 mois d’approche globale. La rechute rapide (moins de 4 semaines après l’arrêt du traitement) indique que le biofilm n’a pas été correctement traité ou que la cause sous-jacente (antibiotiques récurrents, IPP, stress) n’a pas été modifiée.

Les probiotiques sont-ils utiles ou contre-indiqués dans la candidose intestinale ?

Les probiotiques sont utiles, mais le choix des souches est crucial. Saccharomyces boulardii est le probiotique de référence pour la candidose intestinale : c’est une levure bénéfique qui entre en compétition directe avec Candida et inhibe sa virulence. Les Lactobacillus et Bifidobacterium sont généralement bénéfiques après la phase antifongique active.

En revanche, certains Lactobacillus producteurs d’acide D-lactique (L. fermentus, L. acidophilus à forte dose) peuvent aggraver les symptômes cognitifs chez certains patients si votre brouillard mental s’aggrave avec la prise de probiotiques multi-souches, c’est un signal à prendre en compte.

Le régime sans sucre est-il vraiment nécessaire ? Pour combien de temps ?

Oui, il est nécessaire mais pas à vie. Pendant la phase de traitement active (4 à 8 semaines), une restriction stricte des sucres raffinés, de l’alcool et des farines blanches est indispensable pour priver Candida de son substrat et maximiser l’efficacité des antifongiques. 

Après la phase de traitement, une alimentation simplement équilibrée (pauvre en sucres ajoutés et en produits ultra-transformés) suffit à maintenir la rémission. Il n’est pas nécessaire d’éliminer définitivement les fruits, les céréales complètes ou les légumineuses. Le régime anti-candida très restrictif sur le long terme peut lui-même créer des carences et une dysbiose par appauvrissement des fibres alimentaires.

Candidose intestinale et grossesse : est-ce dangereux ?

Une candidose intestinale modérée n’est généralement pas dangereuse pour la grossesse, mais elle mérite attention pour deux raisons. Les œstrogènes élevés pendant la grossesse favorisent la prolifération de Candida, la candidose vaginale est d’ailleurs très fréquente durant cette période. 

Par ailleurs, la perméabilité intestinale liée à la candidose peut augmenter l’exposition fœtale à certaines toxines. Côté traitement, le fluconazole oral est contre-indiqué pendant la grossesse en raison de risques tératogènes. La nystatine locale (vaginale) est généralement considérée comme sûre. Les approches naturelles (alimentation, probiotiques avec avis médical) sont préférées pendant la grossesse. Une consultation médicale est impérative.

Références scientifiques et études sur la candidose intestinale

  1. Erdogan A, Rao SSC. Small intestinal fungal overgrowth. Curr Gastroenterol Rep. 2015;17(4):16.
    https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25786900/
  2. Mukherjee PK et al. Candida biofilm: a well-designed protected environment. Med Mycol. 2005;43(3):191-208.
    https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16010847/
  3. Rao SSC et al. Small intestinal fungal overgrowth (SIFO): a novel cause of symptoms. Clin Transl Gastroenterol. 2013;4:e42.
    https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24107999/
  4. Pappas PG et al. Clinical Practice Guideline for the Management of Candidiasis: 2016 Update by the IDSA. Clin Infect Dis. 2016;62(4):e1-50.
    https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26679628/
  5. Institut Pasteur. Candidoses — fiches maladies. Mis à jour novembre 2024.
    https://www.pasteur.fr/fr/centre-medical/fiches-maladies/candidoses

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Marie

Après des années à souffrir de symptômes inexpliqués et à chercher des réponses sans succès, j’ai découvert que je souffrais du SIBO. Ce fut un long chemin semé d’embûches, mais grâce à des recherches personnelles approfondies, des essais d’innombrables traitements et un travail acharné, j’ai réussi à guérir de cette pathologie.

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