Les troubles digestifs, les douleurs abdominales ou les ballonnements sont fréquents chez l’enfant.
Mais dans certains cas, ces symptômes sont liés à des intolérances alimentaires, notamment au lactose et au gluten. Identifier et prendre en charge ces intolérances est essentiel pour le confort et la santé de l’enfant.
Qu’est-ce qu’une intolérance alimentaire ?
Contrairement à l’allergie, qui implique une réaction immunitaire contre des protéines alimentaires, l’intolérance alimentaire résulte d’une mauvaise digestion d’un composant alimentaire, entraînant des symptômes digestifs parfois sévères mais sans risque vital immédiat.
Les deux causes les plus courantes sont l’intolérance au lactose et la maladie cœliaque (intolérance au gluten).
L’intolérance au lactose chez l’enfant

L’intolérance au lactose provient d’un déficit de lactase, l’enzyme qui digère le lactose (sucre du lait) dans l’intestin grêle. Ce déficit peut être congénital, apparaître à tout âge, ou être secondaire à une maladie intestinale.
Selon une étude suisse, 16% des enfants évitent des aliments pour cause d’intolérance, le lactose étant le plus fréquent.
Quels sont les symptômes typiques d’une intolérance au lactose ?
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Douleurs abdominales et crampes après ingestion de produits laitiers.
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Ballonnements, gaz, ventre gonflé.
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Diarrhée acide et mousseuse.
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Selles molles, érythème fessier chez le nourrisson.
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Parfois nausées et vomissements.
Les symptômes apparaissent généralement dans la demi-heure suivant la consommation de lait ou de produits laitiers et varient selon le degré d’intolérance et la quantité ingérée.
Les 4 types d’intolérance au lactose
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Congénitale (rare) : absence totale de lactase dès la naissance.
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Précoce : chez le nourrisson prématuré, souvent transitoire.
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Primaire : s’installe progressivement à partir de 5-6 ans ou pendant l’adolescence.
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Secondaire : liée à une infection, allergie ou lésion intestinale, réversible après traitement.
Mécanisme et diagnostic de l’intolérance au lactose
Le lactose non digéré attire l’eau dans l’intestin (effet osmotique), induit diarrhées, et passe dans le côlon où il fermente, produisant gaz et inconfort. Le test respiratoire à l’hydrogène est le moyen de diagnostic le plus couramment utilisé : une ingestion de lactose suivie d’une mesure des gaz expirés.
Prise en charge et recommandations
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Petite quantité de lactose parfois tolérée selon l’enfant.
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Priorité à l’allaitement maternel chez le nourrisson malgré l’intolérance.
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Produits laitiers sans lactose, enzyme lactase disponible en pharmacie.
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Attention : les « laits végétaux » ne sont pas une alternative nutritionnelle pour l’enfant.
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Suivi diététique pour prévenir les carences en calcium, vitamine D, etc.
Étude de référence sur l’intolérance au lactose chez l’enfant
TOCA, MC. FERNANDEZ, A. ORSI, M. Lactose intolerance: myths and facts. An update. Archivos Argentinos de Pediatria, 2022, 120, 1, p. 59-66 (doi: 10.5546/aap.2022.eng.59).
La maladie cœliaque (intolérance au gluten) chez l’enfant

La maladie cœliaque est une maladie auto-immune chronique déclenchée par la consommation de gluten (présent dans le blé, l’orge et le seigle). Elle touche principalement l’intestin grêle, provoque une inflammation et des lésions, et affecte l’absorption des nutriments.
Prévalence et risques d’intolérance au gluten
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Facteurs génétiques : gènes HLA-DQ2/DQ8 souvent présents chez les enfants concernés.
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Influence familiale, maladies auto-immunes associées (diabète de type 1, thyroïdite auto-immune).
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Risque accru chez les enfants ayant des antécédents familiaux, ou lors d’infections gastro-intestinales précoces.
Quels sont les symptômes digestifs et extra-digestifs en cas d’intolérance au gluten ?
Symptômes digestifs :
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Diarrhée chronique, constipation.
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Douleurs abdominales, ballonnements.
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Vomissements, perte de poids.
Symptômes extra-digestifs :
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Anémie par carence en fer.
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Fatigue, retard de croissance ou pubertaire.
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Ostéopénie, ostéoporose, problèmes dentaires.
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Éruptions cutanées, aphtes buccaux, maladies du foie.
Chez les enfants, le retard de croissance et la cassure de la courbe pondérale autour de 6 mois après introduction des céréales sont des signes d’alerte.
Les différents diagnostics d’une intolérance alimentaire chez l’enfant
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Les analyses de sang ciblant les anticorps transglutaminase IgA (tTG-IgA), anti-endomysium, anti-gliadine déamidée.
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La biopsie intestinale pour confirmer (atrophie des villosités).
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Le diagnostic peut être simplifié chez l’enfant en cas de symptômes caractéristiques et taux d’anticorps très élevé.
Prise en charge
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Élimination totale et permanente du gluten dans l’alimentation : pain, pâtes, gâteaux, céréales, tous les produits contenant blé, orge, seigle.
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Attention à la contamination croisée, même en petite quantité.
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Suivi diététique pour éviter carences.
Étude de référence
Mouterde O., Les manifestations de la maladie cœliaque chez l’enfant, Archives de pédiatrie (2013), Cité 9 fois.
Autres intolérances alimentaires fréquentes
L’intolérance au fructose, aux FODMAPS ou aux additifs alimentaires existe mais reste rare chez l’enfant.
Ces troubles se manifestent principalement par des troubles digestifs, douleurs abdominales et changements du transit.
Comment détecter une intolérance alimentaire chez l’enfant ?
Les 4 points essentiels
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Tenir un journal alimentaire et des symptômes pour cibler les aliments déclencheurs.
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Procéder à un régime d’élimination : retirer progressivement l’aliment suspect, puis réintroduire par étapes après quelques semaines.
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Toujours consulter un professionnel de santé (pédiatre ou diététicien) avant de modifier l’alimentation de l’enfant.
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Bien faire attention au risque de malnutrition ou de troubles du comportement alimentaire pour les régimes restrictifs.
Les tests disponibles pour détecter une intolérance alimentaire chez l’enfant
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Le test respiratoire à l’hydrogène pour le lactose.
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Le dosage des anticorps sanguins et, si besoin, biopsie pour le gluten.
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Pour les autres intolérances, recherche clinique orientée, parfois accompagnée d’épreuve orale sous contrôle médical.
6 conseils et mesures à adopter pour son enfant en cas d’intolérance
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Ne pas supprimer des aliments sans avis médical : risque de carences.
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Préserver l’allaitement maternel en cas d’intolérance au lactose.
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Faire un bilan nutritionnel régulier, notamment pour le calcium et la vitamine D.
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Éduquer l’enfant et son entourage à la lecture des étiquettes alimentaires.
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Consultater régulièrerement chez le diététicien ou nutritionniste pédiatrique.
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Rechercher l’accompagnement psychologique si la gestion alimentaire entraîne de l’anxiété ou des troubles du comportement.
Avancées scientifiques et recherches actuelles
La recherche s’oriente vers des alternatives au régime sans gluten (enzymes digestives, vaccins, modulation de la perméabilité intestinale), mais aucune solution clinique n’est opérationnelle à ce jour.
La pierre angulaire du traitement reste l’éviction stricte de l’aliment en cause.
FAQ : les intolérances alimentaires chez l’enfant
1. Quels sont les premiers signes d’une intolérance alimentaire ?
Douleurs abdominales, ballonnements, diarrhées, gaz, mais aussi fatigue, retard de croissance ou irritabilité selon le type d’intolérance.
2. Intolérance ou allergie alimentaire, comment faire la différence ?
L’allergie alimentaire implique une réaction immunitaire, parfois grave (urticaire, choc anaphylactique), alors que l’intolérance se limite à la digestion difficile de certains aliments, sans danger vital immédiat.
3. Peut-on confirmer une intolérance alimentaire par des tests ?
Oui, le test respiratoire à l’hydrogène pour le lactose et les dosages d’anticorps pour la maladie cœliaque sont validés pour les enfants. D’autres intolérances nécessitent une épreuve orale encadrée.
4. L’intolérance au lactose peut-elle passer avec l’âge ?
Non : elle persiste à vie s’il s’agit d’un déficit primaire. Toutefois, les déficits secondaires au lactose peuvent disparaître avec la guérison intestinale.
5. Quelles alternatives pour éviter les carences ?
Consulter un diététicien pour adapter l’alimentation : produits sans lactose ou gluten, supplémentation en calcium, vitamine D, fer ou autres selon le profil de l’enfant.
6. Que faire si l’enfant souffre de plusieurs intolérances ?
Un accompagnement nutritionnel individualisé est essentiel pour couvrir tous les besoins et éviter les carences multiples.
En appliquant ces conseils et en s’appuyant sur les recommandations officielles et les dernières études, la gestion des intolérances alimentaires chez l’enfant peut être optimisée, tout en garantissant une croissance et un développement harmonieux.

